Lettre ouverte à François «Drama Queen» Cardinal, éditorialiste en chef de La Presse

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Sa Majesté la Drama Queen,

J’ai lu votre réplique au Conseil de presse relativement à ma plainte contre votre texte Derrière Trump l’ombre d’Obama publiée sur mon autre blogue, le Tribunal de l’infaux. Je dois avouer ne pas l’avoir lue intégralement puisqu’il s’agit pratiquement mot pour mot de la réplique d’Éric Trottier dont j’ai déjà réfuté un nombre substantiel d’arguments dans La Presse n’a pas de preuves de «l’attaque au gaz sarin du dictateur syrien».

J’ai été cependant surprise que vous ayez invoqué une conversation personnelle entre nous comme argument supplémentaire pour votre défense, vous qui étiez si choqué par le seul fait que j’aie révélé à mon infime lectorat que vous m’aviez écrit pour me dire que vous étiez insulté par une critique sur votre travail, sans toutefois publier en détail notre conversation.

Suite à une critique baveuse sur Facebook visant votre méconnaissance de la politique internationale et où je vous suggérais de continuer à écrire sur les arbres, vous m’avez envoyé un message personnel disant essentiellement que j’avais insulté Sa Majesté, ce que j’ai partagé avec mes 12 lecteurs lors de la publication d’un texte satirique (La Syrie, le gaz sarin et le Cardinal) sur la page Facebook de ce blog.

Vous m’avez réécrit pour me dire que ce geste de ma part, soit le fait de dire publiquement «François Cardinal était insulté que je lui dise qu’il devrait continuer à écrire sur les arbres», était «en-dessous de tout». Vous m’avez ensuite bloquée sur Messenger.

Je vous ai donc envoyé un courriel intitulé «Drama Queen» lequel commençait ainsi «Wow. Ça te prend pas grand-chose mon pit» et se terminait ainsi «[…] dis-toi que je fais exprès pour te provoquer parce que j’ai appris au fil des ans que les journalistes réagissent à mes commentaires seulement si je leur lance des fleurs ou si je les provoque». Dans votre réplique au Conseil de presse, vous avez inclus ces deux citations dont vous jugez le «ton agressif et harcelant». Voici des extraits de ce courriel que vous avez cependant pris soin de ne pas inclure dans votre réplique pleurnicharde :

«En-dessous de tout? Vraiment? TOUT? […]

En-dessous du fait que l’éditorialiste en chef de La Presse affirme hors de tout doute raisonnable qu’Assad a gazé son peuple encore une fois, alors que rien de tout cela n’a été prouvé et que ces affirmations proviennent des pires criminels de la planète, responsables de combien de morts déjà depuis 2001? Y en a tellement qu’on ne les compte plus.

En-dessous du fait que l’éditorialiste en chef de La Presse, qui a l’une des plus grosses tribunes au Québec, approuve des frappes militaires américaines interdites par le droit international? Vraiment? En dessous de ça?»

En ce qui concerne mon «ton agressif et harcelant», veuillez m’expliquer le rapport entre le fait que j’aie été, selon vous, «agressive et harcelante» dans un message personnel et ma plainte, tout ce qu’il y a de plus formel et rédigée dans les règles de l’art? Est-ce que le fait que j’aie été «agressive et harcelante» change quoi que ce soit au fait que vous avez présenté des allégations contre le gouvernement syrien comme des faits et que cela constitue un manquement à l’éthique journalistique? Non. Cela change-t-il quoi que ce soit au fait que vous avez prôné la violation du droit international en cautionnant des frappes militaires illégales? Non.

Que je vous qualifie dans un message personnel de drama queen – which I now realize is an understatement, really – en raison de votre grande susceptibilité face aux critiques envers votre travail n’a aucun rapport avec ma plainte. Le Conseil de presse n’a pas pour mandat de défendre les journalistes à l’ego surdimensionné contre les critiques virulentes – et justifiées – des citoyens.

Ce qu’il y a toutefois de plus remarquable, est que vous vous plaignez de la publication de «textes insultants», dont une satire et un collage critiquant votre travail (La Syrie, le gaz sarin et le Cardinal), ce qui ne fait que démontrer que vous n’acceptez pas la critique et, ce faisant, vous prouvez mon point : Drama Queen you are. Own it.

Puisque vous ne semblez pas comprendre ce qu’est une satire, en voici la définition selon Wikipédia : «Une satire est une œuvre dont l’objectif est une critique moqueuse de son sujet (des individus, des organisations, des États, etc.), souvent dans l’intention de provoquer, prévenir un changement ou de porter à réfléchir.»

Cela dit, je tiens à vous remercier d’avoir inclus un lien vers mon texte satirique dans votre réplique. Je suis vraiment nulle en marketing et que l’éditorialiste en chef d’un des plus grands quotidiens en Amérique du Nord soit choqué par une satire de mon cru est un honneur dont je ne peux qu’être reconnaissante. Qu’il le fasse connaître à un public pour lequel je serais autrement demeurée dans l’ombre est, ma foi, un cadeau du ciel.

En terminant j’assume entièrement ma désinvolture et mon impertinence, que vous qualifiez maladroitement d’agressivité et de harcèlement. Je n’éprouve pas une once de respect pour les promoteurs de guerre et adorateurs de chefs d’État sanguinaires et hypocrites dont les discours philanthropes cachent bien mal la violence inouïe de leurs actes. Je vous rappelle que votre idole, Barack Obama, a mené 7 guerres en 8 ans. Que vous ayez qualifié cette brute d’humaniste défie l’entendement et justifie entièrement toute insolence à votre égard.

You don’t know shit from Shinola, dude.

Par ailleurs – comble de l’Absurde avec un grand a – vous allez pleurnicher au Conseil de presse en disant que je suis agressive? Vous qui faites appel à des frappes militaires? Frappes illégales de surcroît??? Qui est agressif entre vous et moi? Ce n’est pas moi, la militante antiguerre, qui appelle au meurtre et à la destruction, c’est VOUS. Il y a tout un univers en expansion entre une satiriste impertinente mais pacifique et un éditorialiste en chef va-t-en-guerre qui endosse des frappes militaires illégales, lesquelles, puisque vous semblez ne pas le savoir, tuent toujours en moyenne plus d’innocents que de militaires, terroristes ou «combattants ennemis», pour employer un terme à la mode.

Un journaliste qui promeut la guerre a autant de sang sur les mains que le pilote qui lance une bombe fatale et le président qui ordonne les frappes. C’est VOUS qui êtes agressif, Monsieur la Reine. Pas moi.

Mon mécontentement et mon impolitesse à votre endroit sont le fruit VOTRE travail médiocre. Pourquoi devrais-je faire preuve de respect et demeurer calme et polie avec quelqu’un qui prône une guerre d’agression, le crime suprême? Vous ne méritez ni mon respect ni mon calme ni ma politesse, Sa Majesté la Drama Queen.

Vous ne méritez que mon irrévérence et, plus que jamais, des collages ridicules.

Je vous prie d’agréer Votre Majesté, mes salutations insolentes,

Julie Lévesque alias Suzie de Nazareth

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Publié le 10/11/2017, dans Drama Queen is an understatement, Gros ego, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

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